« … j’observe avec tristesse (…) les traditionalistes qui bloquent toute tentative de modification au nom d’un concept de tradition illusoire, entrainant dans leur sillage nombre d’occidentaux bercés par le mythe et rassurés par la présence de traceurs immuables… »

« … j’observe avec tristesse les deux courants d’enseignement et de pratique antagonistes:

l’un, défendu par les traditionalistes qui bloquent toute tentative de modification au nom d’un concept de tradition illusoire, entrainant dans leur sillage nombre d’occidentaux bercés par le mythe et rassurés par la présence de traceurs immuables.
L’autre, influencé par l’occident et soumis aux lois du show-business qui attire une jeunesse avide de sensations purement mercantiles. »

« Pour les futurs enseignants, je suggèrerais de privilégier l’esprit de recherche, avancer avec la progression des connaissances et surtout cultiver ouverture d’esprit et humanisme »

« Je nourris l’espoir qu’ils sauront pérenniser les fruits de mon travail et maintenir le Yoseikan Budo en constante évolution, comme le veut la vraie tradition des arts martiaux »

Trois citations extraites de l’interview d’Hiroo Mochizuki parue dans le dernier numéro de la revue karaté Bushido. Une courte interview qui, si elle ne fait en somme que deux pages, est à mes yeux riches de sens. Trois citations qui m’ont permis de retourner plusieurs années en arrière, assis sur le tatami à boire les paroles de senseï raisonnant encore aujourd’hui dans mon esprit et m’accompagnant encore dans mon quotidien.

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J’ai eu l’occasion de rencontrer en stage Mochizuki senseï dès mes débuts en Yoseikan Budo et j’ai tout de suite été charmé par son travail et son discours. L’une des choses qui m’a certainement le plus frappé fut cette continuelle remise en question de la pratique, ce souci de toujours évoluer, perfectionner, peaufiner, échanger mais aussi son incroyable humilité. J’apprécie son message et reste intimement persuadé que l’ouverture d’esprit, la remise en question de soi, l’échange et le partage sont des clés de la progression.

Vous pouvez retrouver cette interview en kiosque dans le numéro de juin où vous pourrez notamment lire les grandes lignes qui fondent sa recherche et ses souvenirs des maîtres qui ont marqué son parcours tel que Minoru Mochizuki, Ueshiba senseï, Otsuka senseï, Michihara senseï ou encore Kushida  Senseï.

karaté bushido 2016

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4 réflexions sur “« … j’observe avec tristesse (…) les traditionalistes qui bloquent toute tentative de modification au nom d’un concept de tradition illusoire, entrainant dans leur sillage nombre d’occidentaux bercés par le mythe et rassurés par la présence de traceurs immuables… »

  1. Konnichiwa Alex,
    très beau post qui rejoint une réflexion que j’avais mis sur facebook.
    Réflexion qui n’a entraîné à ma surprise aucune réaction à ma connaissance, autant sur mon journal que sur celui de ceux qui ont partagé ce post!
    Mochizuki Hiroo Sensei est et restera la principale source de ma réflexion sur la pratique des arts martiaux et la compréhension de l’utilisation du corps à travers les outils que les anciens nous ont transmis. A savoir les techniques et les Kata.
    Et c’est à nous maintenant d’essayer d’apporter de nouvelles approches en fonction de l’évolution de la société et surtout de l’évolution des capacités humaines bien différentes déjà de celles des parents et grand-parents.Et si possible apporter aussi des améliorations dans les façons d’enseigner et de transmettre les principes contenus dans les diverses techniques et Kata sans se laisser enfermer dans un dogme quelconque sous prétexte de tradition ou d’efficacité sportive.
    Et je ne pense pas que ce que nous nommons Arts Martiaux Traditionnels soient si traditionnels que cela. Et de quelle tradition on se réfère. Vaste débat qui agacent les « traditionalistes intégristes »! Et il y en a même dans les Shin Budo qui sont d’une époque bien trop récente pour être dénommés traditionnels même s’ils se rattachent à des écoles plus anciennes, voire remontant à plusieurs siècles!
    Mata ne.
    Jean Luc

    • Konbanwa Jean Luc,

      Je rejoins ton avis dans le sens où toutes choses évoluent avec le temps et l’apport de chacun. Une fois le stade d’apprentissage Shu dépassé, la pratique se forge sur la base d’une recherche et remise en question constante de sa pratique et naturellement il y a évolution puisque chaque pratiquant comprend, progresse, à sa façon suivant ses expériences. Toutefois, il y a toujours eu des conservateurs, des suiveurs et des adeptes hors cadre, sans doute y en aura-t-il toujours. Quelque part le tout s’équilibre et quelle que soit la catégorie dans laquelle nous souhaitons nous positionner je crois qu’il est important de laisser chacun libre de prendre la voie qu’il lui correspond. Il n’y a rien de pire qu’une personne pleine de certitudes pensant détenir une quelconque vérité et c’est certainement l’un des soucis aujourd’hui dans beaucoup de domaines :-).

      Mata ne,
      Alex

  2. Rien à ajouter de plus que : Merci ! pour cet article et ces deux commentaires. Ils sont amplement suffisants, et diffusent plus de matière (pour moi) que dans bien autres endroits 🙂

    • Bonjour Pascal,

      Merci pour ta lecture et ton retour, au plaisir de te croiser sur le tatami 🙂

      En te souhaitant une agréable journée,
      Alex

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