Le toucher: au cœur des principes de l’Aiki

Praticien de Shiatsu, pratiquant de Wing Chun, de Systema, d’Aïkido, mais également enseignant de Do In et Shiatsu, Philippe est un pratiquant qui laisse rarement indifférent. Ancien sportif au gabarit imposant, sa douceur, sa disponibilité et sa bienveillance, en font un compagnon d’étude idéal.

Si nous nous connaissons depuis quelques années, ce n’est que l’an dernier que j’ai pris le temps de passer entre ses mains pour en découvrir davantage sur sa pratique professionnelle. Sans surprise, j’ai été séduit par son approche :

LE BUT EST DONC D’AMENER LE PATIENT À PRENDRE CONSCIENCE DU PROBLÈME ?

Oui. Le plus important n’est pas que je comprenne où est leur problème, mais qu’eux aient compris. Sinon je ne suis qu’un nouveau médicament qu’ils viennent consommer. L’objet de mon travail est d’amener, petit à petit, à avoir une conscience du problème. C’est important car cela déclenche le processus qui les amène à comprendre qu’il y a quelque chose qu’eux peuvent faire pour aller mieux.

J’apporte bien sûr le soutien du praticien, mais l’essentiel est que la personne trouve des réponses pour se prendre en charge et ne sois pas passive.

L’IDÉE EST QUE LA PERSONNE SOIT ACTIVE DURANT LE SOIN ?

Tout à fait. Je ne veux pas d’un patient qui vienne pour me confier un corps que je répare comme un garagiste, et avec lequel il repart comme si de rien n’était jusqu’à la prochaine panne. J’ai besoin que la personne se sente impliquée. C’est l’une des raisons pour laquelle je donne aux élèves des exercices pour cela. En parallèle du cabinet, j’ai donc développé des cours de Do-In.
Je rencontre très souvent des gens qui sont déconnectés de leur corps. Ils en ont une conscience globale très limitée, qui s’arrête à ce qu’ils perçoivent visuellement. Et lorsqu’une personne décide de consulter, c’est qu’elle ressent une gêne ou qu’elle s’est blessée. Tant que la machine fonctionne, on ne s’en inquiète pas. C’est l’analogie indienne du le cavalier et du cheval. Le cavalier représente l’esprit, et le corps le cheval. Soit je suis un bon cavalier et je monte en faisant corps avec le cheval, sois je m’en sers comme d’un outil et je le maltraite en lui imposant ma volonté.

Grâce au Shiatsu qui est un prétexte de rencontre, on amène l’autre à sentir par le toucher ce qui se passe dans son propre corps.

Extrait d’interview de Philippe Nitiga pour Yashima n°12

Développer l’autonomie

« J’apporte bien sûr le soutien du praticien, mais l’essentiel est que la personne trouve des réponses pour se prendre en charge et ne sois pas passive. »

Lorsque l’on pratique, il n’est pas rare de voir des élèves dont la progression est dépendante de la présence de l’enseignant. L’enseignant disparaissant, c’est tout un processus d’évolution qui risque de s’effondrer, l’élève devenant alors incapable de poursuivre ses progrès en l’absence celui-ci. Ils arrêtent alors généralement, ou changent de pratique, de méthode, voire s’enferment dans une pratique sclérosée, rentrant dans le cercle fermé des « c’était mieux avant », « Pierre, Paul ou Jacques, ne faisait pas comme ça », etc.  

Si nous avons tous besoins d’enseignants pour nous guider dans nos apprentissages, nous avons également besoin que l’on nous donne les outils pour poursuivre notre route. À l’image de nos parents qui nous ont donné les ailes pour affronter notre avenir, c’est à travers cette double notion (guider et favoriser l’autonomie) que le terme sensei prend tout son sens.

Stage Hino senseï au Kishinkan dojo Limoges

L’importance du toucher

Il existe diverses façons de dispenser un cours et réguler les actions des élèves. La parole, le toucher et la démonstration, sont les outils majoritairement employés. La démonstration permet de donner l’exemple, la parole permet parfois de débloquer une situation chez l’élève, de le guider occasionnellement en complément du reste, mais peut aussi induire en erreur en raison de la part d’interprétation liée à chacun (élève comme enseignant). Le toucher, quant à lui, offre de nombreux avantages :

– le toucher et le corps ne mentent pas,

– il permet de donner un retour direct à l’élève,

– il permet de développer la sensibilité de l’élève et de favoriser son autonomie dans l’apprentissage,

– il permet de réguler en action, in situ, et de le guider vers le mouvement juste

– il permet de développer une conscience intérieure du fonctionnement de notre corps, de nos tensions, pour en retour réguler nos actions,

– il permet d’aiguiser notre conscience intérieure du corps de l’autre pour également réguler nos actions en fonction de l’individualité corporel de l’autre.

Si l’on peut avoir tendance, surtout à nos débuts, à sentir ce besoin d’argumenter, justifier, palabrer, les pratiques d’experts tel que Hino Akira, Kono  Yoshinori, Akuzawa Minoru, ou encore Mochizoki Hiroo, se passent souvent de mots et de longues explications. Elles se vivent en action, intérieurement, à leur contact.
Ce n’est qu’à ce prix que nous pouvons toucher le fruit d’une vie d’expertise corporelle et transmettre efficacement en retour.

Au cœur des principes
Source d’autonomie, la qualité du toucher a également un impact important sur la compréhension et la mise en action des concepts phares tel que Awase, la relation tori/uke, l’application de Kaeshi Waza, etc. Si les corrections orales peuvent aider, notamment avec les débutants, pour les élèves avancés tout l’enjeux de leur progrès se situe dans leur perception corporelle, leur capacité à ressentir ce qui se passe dans leur corps, celui de l’enseignant et de leur partenaires. À l’image du thérapeute utilisant le contact pour sonder et guider le patient, la finesse du toucher est un élément que l’on retrouve chez la plupart des grands adeptes.
Si la parole donne bien quelques indications, le toucher, quant à lui, est un catalyseur pouvant éviter bien des maux concourant à la libération de l’adepte.

« Grâce au Shiatsu qui est un prétexte de rencontre, on amène l’autre à sentir par le toucher ce qui se passe dans son propre corps. »

Horaires

9h – 11h / 13h – 16h

Lieu

Dojo Municipal de Panazol
Gymnase Guillemot
Allée Joseph Guillemot, 87350 Panazol

Renseignements

alexandre.grzegorczyk@gmail.com

Tarifs

Journée: 25€
Demi-journée: 15€

Stage ouvert à toutes et à tous, tous niveaux et toutes disciplines

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