In-yō, au cœur de la culture du Japon

Un vieux guerrier du clan Minamoto vivait avec son fils aux abords de la frontière provinciale. Un jour, son fidèle destrier se sauva dans la province voisine du clan Taira. Aux voisins qui vinrent lui apporter soutien, il répondit :« Perdre un cheval peut sembler être une mauvaise chose, mais cela pourrait aussi bien devenir une bonne chose. Qui sait ? »

Quelques jours plus tard, l’animal revint avec un troupeau de chevaux sauvages. Les voisins se réjouissant de la nouvelle, le vieillard dit de nouveau :« C’est une bonne chose. Ou peut-être pas. »

Le jour suivant, son fils se fractura la jambe en tentant de dompter un des chevaux sauvages. Attristés, quelques voisins vinrent alors à la rencontre du vieil homme pour lui témoigner leur soutien, auxquels il répondit de nouveau :« Oui, c’est un malheur mais, qui sait, peut-être pas… »

Les mois suivants, la rébellion de Hōgen éclata. Tous les jeunes hommes furent mobilisés, sauf son fils.

Ce récit illustre, à travers les regards du vieil homme et de ses voisins, l’ambiguïté d’un évènement perçu sous différents angles. Perçu comme une fatalité ou une opportunité, l’évènement n’est au final que le maillon d’une chaîne dont la seule constance est l’alternance. Une alternance du monde à la base de la culture orientale, exprimée à travers le yin-yang chinois et l’in-yō japonais.

Yashima n°11, disponible en kiosque ou sur abonnement

IN-YŌ : DUALISME ET COMPLÉMENTARITÉ

Au cœur du Taoïsme, in 陰 (négatif, caché, ombre) et yō 陽(positif, soleil), expriment le contraste, l’union et l’alternance des opposés. Adopté par la culture japonaise, ce concept se retrouve dans de nombreux domaines de la vie quotidienne, de l’architecture aux arts en passant parles pratiques martiales.

In-yō est également l’union des opposés, telles les deux faces d’une même pièce qui ne peuvent exister l’une sans l’autre. Une notion que l’on retrouve au cœur de nos disciplines, à travers : tori – uke, omote – ura, soto – uchi, irimi – tenkan, gō – jū, etc.

In-yō est un élément à part entière du dō. Non pas comme l’expression d’une opposition, mais celle d’un ensemble complémentaire invitant le pratiquant à considérer toute chose dans sa globalité. Arts d’élévation de l’individu par la pratique des techniques guerrières, les budō incarnent sans doute plus que tout autre art la profondeur de ce concept.

DE l’EXTÉRIEUR VERS L’INTÉRIEUR… ET INVERSEMENT

Au-delà de toute philosophie, les budō sont en premier lieu une expérience corporelle à vivre. D’abord accessible par sa forme extérieure, elle nous amène progressivement à nous intéresser à notre intériorité. Par la compréhension de nos mécanismes corporels pour refondre notre utilisation du corps vers davantage d’efficacité, mais également à travers la compréhension et la maîtrise de nos émotions les plus profondes, parfois les plus sombres, que la violence exprimait par l’attaque d’aïte fait resurgir instantanément. Car quel que soit le visage que l’on offre au monde, aussi fort soit-il, nous sommes tous empreints de dualité, naviguant entre des émotions contraires. Les arts martiaux nous proposent des outils, afin de vivre cette alternance sans se laisser submerger ni la subir.

Quelles sont les différentes interprétations d’in-yō selon les écoles ? Comment cela se traduit-il en pratique ? Quatre experts issus de quatre disciplines différentes, Raphaël Arilla, Laurent Pirard, Jean-Philippe Joseph et Jean-Luc Lesueur, nous offrent leurs réponses, qui illustrent à merveille la profondeur de ce concept fondamental dans la pratique et la compréhension du budō.

Pour ma part, je suis certain que chaque conceptualisation se présente comme un angle de vue spécifique d’un prisme dont les multiples facettes s’avèrent complémentaires pour faire le tour de cette notion à la fois complexe et passionnante. 

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