Aikido, exercice solitaire en période de confinement : S’harmoniser, s’adapter et travailler sa mobilité

Toutes les pratiques corporels possèdent un nombre d’exercices conséquents pouvant être exploré avec partenaires, seul ou les deux. Toutefois, le travail solitaire ne remplace jamais entièrement la pratique avec partenaire, n’étant généralement pas destiné à se suffire à eux seuls mais simplement de réduire la contrainte de l’autre pour se consacrer temporairement à l’amélioration d’un point technique avant de le réinvestir avec partenaire. Une fois la révision des bases, des kihons, katas, suburi, atemi, et autres éléments techniques, le travail solitaire trouve ses limites et il n’est pas toujours facile de dépasser le cadre de la répétition technique.

Sur ce point, la question qui m’a régulièrement été posée par les élèves durant ces deux périodes de confinement fut : j’ai l’impression, une fois que j’ai réalisé mes gammes, qu’il me manque quelque chose que l’absence de partenaire ne permet pas de combler. Est-ce que tu aurais des conseils pour travailler éventuellement d’autres éléments qui permettent d’approfondir l’étude de la mobilité corporelle et la notion d’harmonie à l’autre ?

Il est bien sûr évident que, quel que soit l’exercice proposé, ceux-ci ne combleront jamais entièrement l’absence de partenaire et d’enseignant pour nous réguler. Cependant, il n’est pas impossible de travailler sur des éléments comme la notion d’harmonie, de sensibilité, d’adaptation, de mobilité, en dehors de la visualisation (qui est en soi un premier pas).

Explorer, sortir des sentiers battus et expérimenter

Les notions de sensibilité, d’adaptation, de mobilité et d’harmonisation à l’environnement, sont pour moi au centre de ma pratique, que ce soit au dojo ou dans mes entrainements personnels. J’ai notamment énormément de mal à me limiter à des exercices basiques de répétition, bien que je m’y astreigne. Je ressens naturellement le besoin d’expérimenter afin de trouver une corrélation entre ma pratique personnelle et celle au dojo. Evidemment, on ne peut pas dire qu’en l’absence de partenaire il soit possible de combler l’entièreté des manques pour progresser, comme il l’est difficile de dépasser un cap de progression en l’absence d’entrainement personnel et solitaire.

Durant mes entrainements, je consacre une partie du temps à exploiter et adapter des exercices que j’ai observé, ou tout simplement d’expérimenter des exercices qui me viennent à l’esprit pour travailler certains éléments. Une partie est souvent mis à l’écart lorsque je n’en perçois aucun bénéfice, quand d’autres sont stockés dans ma base de travail le temps que j’y trouve un intérêt. Certains sont parfois intégrés dans mon enseignement au dojo afin de voir ce qu’ils peuvent apporter aux élèves, et si c’est le cas, intégrés de façon régulière dans les cours. Ils évoluent avec le temps et parfois disparaissent si de nouveaux exercices se montrent plus efficaces dans les résultats souhaités.

En dehors du dojo, ne se fixer aucune limite, expérimenter, sortir des sentiers battus, s’amuser, explorer, sont déjà un premier élément de réponse. Nos seules limites sont celles que nous nous fixons et j’avoue n’avoir aucune gêne à m’essayer à des exercices empruntés à d’autres activités corporelles, voir les modifier, ou en créer, quand bien même on me dirait que ces exercices n’appartiennent à aucune tradition martiale.

S’harmoniser, s’adapter, et travaille sa mobilité

Parmi les vidéos d’exercices filmées durant le confinement pour mes élèves, voici celui qui a intégré ma pratique et mes cours l’année dernière. Inspiré d’exercices existant dans divers courant tel que les arts du cirque, la danse ou encore utilisé par des pratiquants d’AM, auxquels j’ai ensuite intégré mes propres consignes pour guider les élèves vers le résultat attendu dans notre pratique, cet exercice a pour but de développer la mobilité dans l’espace, l’adaptation, l’harmonisation à l’outil, la légèreté du contact et des appuis en mouvement.

L’exercice peut se réaliser :

– seul dans un premier temps sans incertitude,

– seul dans un deuxième temps avec incertitude (en s’efforçant de ne pas guider la chute du jo),

– à deux, avec uke qui dirige la chute du jo (avec ou sans incertitude) et Tori qui se déplace pour récupérer et accompagner le jo,

– à deux, en continu, avec les rôles d’uke et tori qui s’alternent successivement,

– avec un jo, un bo, etc.,

– pour finir, il peut être utilisé à l’échauffement pour mettre le corps en mouvement et échauffer les muscles, articulations, etc., comme il peut être utilisé à des fins pédagogiques sur les différentes notions abordées dans la vidéo.

 

 

Bien sûr, l’exercice n’est en aucun cas une vérité, ni parfait, et a simplement pour but de permettre à chacun d’avoir des éléments d’exploration autres que le travail des bases dans le vide.
La vidéo ayant été prise durant le premier confinement, avec mon vieux smarthphone (depuis j’ai eu l’occasion d’investir dans du matériel plus qualitatif), et dans l’urgence, la qualité de l’image et du son sont loin d’être parfaits, mais j’espère qu’elle n’entachera pas la compréhension du contenu et votre envie de l’expérimenter.  N’hésitez pas à vous approprier l’exercice, y ajouter des éléments, vous amuser avec et pourquoi pas en commentaire partager des évolutions de celui-ci.

Bon training 😉

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