Démonstration Kishinkaï Aïkido, Alexandre Grzegorczyk au Kazan no Taikai

Cette année a été une nouvelle fois riche et intense. Stages, participation au magazine Yashima, réunions, préparations de démonstrations, cours au dojo, mon passage dans une nouvelle décennie, finalisation et début de nouveaux projets etc. Les journées furent une nouvelle fois bien remplies et les nuits d’autant plus courtes.

Alors que la saison vient de s’achever, les contours d’une nouvelle année

sous le signe du changement continuent de se profiler.

Mais pour l’heure, de retour de la dernière édition du Kishintaïkaï, je prends quelques minutes pour faire un rapide retour sur le gala d’arts martiaux, Kazan no Taïkaï, auquel nous avons participé cette année.

Kazan no Taikai, photo de Frédéric Barreyre

S’engager, se surpasser, honorer ses pairs

J’ai reçu en avril dernier une invitation pour participer au Kazan no Taïkaï, organisé par maître André Cognard et ses élèves. S’il est évident que je fus honoré par cette invitation, je n’en fus pas moins surpris tout simplement car je ne m’y attendais absolument pas.

Naturellement, lorsque l’on m’a contacté pour représenter l’école Kishinkaï Aïkido, j’ai pris un cours délai pour y réfléchir. Passé le plaisir instantané que procure une telle proposition, j’ai honnêtement hésité à répondre positivement. Non pas que l’envie ne soit pas présente, puisque cela représente une chance pour un enseignant de participer à un tel évènement, mais en raison de ma légitimité. J’avais conscience que je serais parmi les plus jeunes démonstrateurs et que de nombreux experts ayant une longue expérience derrière eux seraient présents. En acceptant, j’aurais également la lourde tâche de représenter l’école Kishinkaï et l’enseignement que j’ai reçu. Toutefois, j’ai finalement pris la décision d’honorer mes pairs et la confiance qui m’était accordée.

Kazan no Taïkaï, ouverture et bienveillance

Le Kazan no Taïkaï est un jeune gala en l’honneur des Budos. En réalité, il s’agissait de la première édition. Pour autant, celui-ci a déjà tout d’un grand événement. Organisation, déroulement, accueil, encadrement des démonstrateurs… l’ensemble de la soirée s’est déroulée avec une précision hors pair et beaucoup de professionnalisme.

Mais plus que tout, j’ai été touché par l’accueil et l’ouverture dont ont fait preuve chaque organisateur et démonstrateur. Une ambiance studieuse où se mêlait partage, curiosité, échange. Nous avons naturellement passé un agréable moment.

Répétition Kazan no Taikai 2018

André Cognard, gentleman et budoka

Maître Cognard est un adepte connu et reconnu du paysage martial, notamment à travers ses stages, démonstrations et écrits. Toutefois, je n’avais jamais eu l’occasion de le rencontrer en personne. Nous avions bien sûr échangé quelques mails, en vue du gala, qui m’avaient laissé entrevoir un homme généreux et bienveillant.

Le monde des Budos est un milieu merveilleux autant qu’il peut être belliqueux. Du bon technicien aux belles paroles disparaissant aussi vite que l’on enlève son keïkogi, à l’adepte discret dont le moindre geste du quotidien exprime chaque principe de son art, il est à mon sens nécessaire de rencontrer en personne un enseignant avant de porter tout jugement de valeur.

Sans surprise, j’ai découvert un homme entier, généreux, ouvert et bienveillant. Quatre qualités souvent mises en avant qu’il nous appartient d’explorer. J’ai également pu échanger avec quelques-uns de ses élèves m’ayant laissé entrevoir ces mêmes qualités, qui traduisent pour moi la capacité d’un enseignant à transmettre bien plus que de simples techniques. Bien plus qu’un expert, j’ai découvert un véritable gentleman et Budoka.

Préparation de la démonstration

Si j’ai quelques démonstrations à mon actif, se fut une première en tant qu’enseignant. J’ai toujours pris à cœur la préparation d’une démonstration, mais là où le seul objectif que j’avais à traiter auparavant été de donner le meilleur de moi-même pour mettre en avant le travail de mon enseignant, cette fois-ci elles furent plus nombreuses.

Par où commencer? Quels éléments présenter? Quel serait le fil conducteur de la démonstration? Quel public serait présent? Etc. Une fois l’ensemble de ces questions résolues, il était temps de d’organiser le tout et se mettre au travail.

Je suis de nature à m’y prendre à la dernière minute. M’adapter, bosser avec acharnement dans les derniers instants, sont sans doute ce que je fais de mieux. Cependant, je m’étais déjà dit que si un tel événement venait à se présenter, je mettrais tout en œuvre pour m’organiser en avance, pour les élèves qui m’accompagneraient et la confiance des organisateurs. Malheureusement, en raisons de nos emplois du temps et d’imprévus, nous n’avons eu peu de temps.

Le premier entrainement eut lieu un lundi soir. La fin de l’entrainement arrivant, nous avons fait un premier filage lorsque, à la suite d’une mauvaise chute, Laurent se retrouve avec une lésion acromio-claviculaire. Résultat: bras en écharpe et deux semaines d’arrêt d’activité … C’était sans compter la volonté de fer de Laurent qui est venu à chaque entrainement regarder et s’inspirer de ses sempaï. Au final, 2 semaines effectives d’entrainement à raison de 2 sessions par semaine, soit 4 entraînements réellement productifs au total.

Le stress étant à son comble, je n’avais bien sûr aucun doute qu’en à la capacité de mes élèves à s’adapter et donner le meilleur d’eux-mêmes durant la démonstration. Et, au vu du temps de préparation, le résultat est d’autant plus satisfaisant. Au final, nous avons eu de très bons retours, laissant percevoir que nous avions rempli l’objectif que nous nous étions fixé. 🙂

Alex, Laurent, Jean-François

Lors de cet événement, j’ai proposé à Alexandre, Laurent et Jean François, de m’accompagner et c’est avec le plus grand plaisir qu’ils ont répondu positivement. Je suis quelqu’un d’exigeant avec moi-même mais aussi mon entourage et mes élèves. Si j’ai conscience qu’il est important d’adapter son exigence aux possibilités de chacun, j’attends toujours le meilleur d’eux-mêmes et ils ont su y répondre sans jamais montrer la moindre faille.

Alexandre est un élève de la première heure. Débutant l’aïkido il y a deux ans et demi, il fait partie de ses élèves qui ne comptent pas les heures de travail pour avancer. Toujours présent, toujours le sourire, quelle que soit la difficulté, il a cette délicatesse de ne jamais laisser transparaître les tracas du quotidien pour se plonger dans l’étude. Présent dès le premier jour d’ouverture, je l’ai vu progresser quotidiennement à une vitesse fulgurante pour devenir l’un des élèves les plus avancés du dojo qui font de lui un partenaire d’étude idéal, respecté et très sollicité.

Jean François est un élève ayant une longue expérience. Mon aîné de plusieurs années, il est toutefois venu au dojo avec ce désir d’enrichir sa pratique. Plus les années passent, plus il devient difficile de faire preuve de Shoshin en se plongeant dans l’apprentissage d’une nouvelle école. Pour autant, c’est sans compter les nombreux efforts qu’il a fournis, relevant chaque défi que je lui proposais. Il est sans doute l’élève avec qui j’ai été le plus exigeant. J’ai souvent été dur à son encontre pour le pousser à aller toujours plus loin et il a toujours su rebondir avec une volonté à toute épreuve faisant aujourd’hui de lui l’un des piliers du dojo.

Laurent a débuté cette saison, en septembre dernier. Ayant fait quelques années de Yoseikan Budo durant son adolescence, il est arrivé au dojo avec le souhait de reprendre une activité. Se passionnant pour le travail proposé au fil des semaines, Laurent est devenu en quelques mois un des élèves les plus assidus, au point de devenir en l’espace d’une saison l’un des élèves avancés du dojo.

De Gauche à droite, Alexandre, Laurent et Jean François

Un enseignant doit bien sûr être capable de démontrer ses capacités quelles que soient les personnes qui lui font face, cependant, la qualité d’une démonstration tient en partie de la valeur et du niveau des uke. Et je tiens à les remercier tout particulièrement pour leur investissement, leur disponibilité, et leur engagement qui m’ont permis de présenter ce que je souhaitais. Du fond du cœur merci…

Je tiens également à remercier maître André Cognard pour sa bienveillance, son accueil et sa confiance, ainsi que les organisateurs pour leurs disponibilités, plus particulièrement Mme Klinska qui s’est occupée de notre arrivée en amont de la soirée.

Sans oublier Léo, qui donne sans compter et met tout en œuvre pour nous permettre de nous surpasser, progresser et aller toujours plus loin. Merci pour tout.

Pour finir, je tiens également à remercier ma compagne, Gaëlle, si douce et patiente à mon égard, qui me soutient au quotidien dans mes aventures malgré mes nombreuses heures d’absence.

Kazan no Taikai, photo de Frédéric Barreyre

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