Ueshiba senseï et Tamura senseï with Children part 1: 初心 Shoshin l’esprit du débutant, l’exemple des enfants

De par mon activité professionnelle, je passe la plupart de mon temps avec des enfants et adolescents. S’il est couramment admis que l’on rencontre avec l’enfant des soucis que l’on ne trouve pas avec l’adulte, dans l’apprentissage nous sommes confrontés avec l’adulte à un certain nombre de barrières que l’on ne rencontre que très rarement avec l’enfant. A cela deux raisons principales:

-une raison neurologique: la première étant que plus nous avançons en âge plus les chercheurs observent une diminution de la plasticité cérébrale. Pour chaque nouvel apprentissage, de nouveaux câblages cérébraux se créent afin de permettre la transmission de l’information et son traitement. Malheureusement les connexions inutilisées sont détruites pour optimiser le fonctionnement et la performance du cerveau. A titre d’information, un enfant de 2 ans possède, pour chaque neurone, environ 15000 synapses permettant les connexions neuronales, soit le double comparativement à un adulte. En outre, il est bien plus simple pour un enfant d’apprendre de nouveaux éléments qu’un adulte, indépendamment de la qualité des conditions d’apprentissage. La deuxième raison, qu’on le veuille ou non, les capacités cognitives ont tendance à décroître avec le temps, d’autant plus lorsque nous vivons dans un milieu peu stimulant pour notre système cognitif.

-une raison socio-psychologique: les enfants ne ressentent pas de gêne à la nouveauté contrairement à l’adulte. Pour l’enfant tout est nouveau et donc rien n’est anormal, là où pour l’adulte le vécu interfère. En tant qu’adulte nous nous référons souvent à ce que nous connaissons, l’image que nous nous faisons d’une activité et si l’enseignement proposé semble être aux antipodes de nos expériences passées nous avons tendance à instaurer nos propres freins.


Avant l’entrée dans l’adolescence, les enfants portent un regard critique largement moins prononcés, quand il y en a un, que chez l’adulte. Ainsi l’enfant n’aura pas peur d’essayer sans être certain de réussir là où l’adulte pourra redouter le regard d’autrui sur ses erreurs. Nous acquérons dans nos activités respectives une expérience qui permet de nous construire un statut social, que nous craignons de perdre une fois instauré. Il ne nous est donc pas toujours évident de redevenir élève, repartir de zéro, lorsque nous avons accumulé une somme de compétences dans une discipline voisine.

En résumé, les raisons neurologiques et socio-psychologiques font qu’il est bien plus facile pour un enfant d’apprendre que pour nous adultes. Bien que nous ne puissions lutter contre les raisons neurologiques, mise à part stimuler du mieux possible nos capacités cognitives, c’est ici que la notion « esprit de Shoshin » prend tout son sens afin de diminuer les barrières que disperse le temps dans nôtre progression. Ce n’est qu’en restant humble, sans craindre le renouveau et en essayant d’adopter du mieux possible l’attitude d’un enfant face à l’apprentissage que nous mettrons toutes les chances de notre côté pour progresser.

Voici deux vidéos où vous pourrez observer trois jeunes pratiquants dans les mains de Ueshiba senseï et Tamura senseï:

J’ai apprécié ces deux vidéos notamment pour le désir de comprendre et la joie d’apprendre qui émane de ces jeunes adeptes. On les voit concentrés, à l’écoute de l’enseignant. En outre on ne décèle à aucun moment un désir d’adapter ou comparer le travail proposé à leur vécu, sans doute faible. Dans l’instant présent, avec l’enseignant, c’est l’exemple même de l’esprit de Shoshin 初心..

Les enfants sont d’incroyables sources d’enseignement pour nous qui sommes bien souvent dans la certitude.

 

N’hésitons pas à les observer pour retrouver ce que nous avons perdu et laissons notre vécu en dehors du tatami pour profiter pleinement de l’enseignement que nous avons choisi de suivre…

« Un célèbre maître de zen reçoit un jour la visite d’un homme qui déclare vouloir étudier avec lui. Le maître l’invite à boire le thé pendant que le visiteur lui expose son passé, lui décrit son cheminement spirituel, ses découvertes, ses réflexions et nomme les maîtres qu’il a côtoyés.
Le maître écoute patiemment et recommence à lui verser du thé dans sa tasse déjà pleine. Celle-ci se remplit à ras bord et finit par déborder, le thé coulant tout autour. L’élève s’écrit alors « Que faites-vous?! Ma tasse est déjà pleine! ».
Et le maître lui répond « Comment voulez-vous qu’un enseignement pénètre votre esprit alors qu’il est déjà plein comme cette tasse? »

Tamura senseï, l’élève au centre des attentions

 

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Une réflexion sur “Ueshiba senseï et Tamura senseï with Children part 1: 初心 Shoshin l’esprit du débutant, l’exemple des enfants

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