1ère partie, L’instinct de survie : Le génome, aux sources de nos instincts

L’homme, un être à part entière ou entièrement à part ?

La question « l’homme est-il un animal ou un être à part ? » est un sujet qui a longtemps préoccupé les penseurs et reste d’actualité. De nombreux essais ont été publiés au cours des siècles derniers, afin de démontrer la supériorité de l’Homme sur l’animal, repoussant parfois toute proximité avec la grande famille des animaux.

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Pourtant, si l’on part du principe

que les deux catégories sont bien différentes, il est légitime de se demander si nous sommes réellement si éloignés du monde animal. Les recherches actuelles sur l’évolution des espèces et la génétique, ont démontré que le singe n’était pas l’ancêtre de l’homme mais bel et bien son cousin. Il apparaît alors qu’à un moment donné de notre évolution nous avons eu un ancêtre commun. Chemin faisant, l’évolution a fait que deux espèces bien distinctes ont évolué à partir d’un seul être. Alors, que l’on considère l’homme comme un animal ou non, à un moment donné de son parcours il en fut un.

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Si l’on considère que chaque étape de l’évolution d’une espèce favorise l’acquisition de savoirs spécifiques, nous pouvons alors nous demander ce qu’il en est des acquis de notre vie à l’état sauvage, il y a plusieurs millions d’années ?

Parmi les sens majeurs éveillés par la vie au cœur de la nature, l’instinct de survie semble essentiel. Vivre dans un monde sans règles, ni lois, implique un sens aigu de la perception du danger, de la chasse, et des connaissances particulières sur le fonctionnement de son environnement (connaissance des plantes, de la faune, du climat, du relief…).

Que ce soit du prédateur en haut de la chaîne alimentaire, à la proie au bas du tableau, chaque espèce a développé d’extraordinaires capacités pour s’alimenter, reconnaître et réagir face à une situation de vie et de mort. C’est ainsi que certaines espèces sont capables de changer la couleur de leur « peau » pour se camoufler, de sécréter des substances abrasives voire mortelles, ou encore de réguler la température de leur corps pour répondre aux exigences du climat.

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Le génome humain : aux sources de l’instinct

L’évolution de l’homme est certainement une des plus complexes et extraordinaires, connue à ce jour. Le chemin parcouru depuis des milliers d’années est colossal. Néanmoins plus le temps s’écoule plus les conditions de vie s’améliorent, nous obligeant à faire de moins en moins appelle à ces sens primitifs.

L’état de stress quotidien n’est plus de l’ordre de la survie. Pourtant lors de situations parfois inattendues, l’homme est capable de prouesses hors du commun. Je citerais par exemple la célèbre histoire d’Aron Rarlson, dont le film  « 127 hours » retranscrit parfaitement cette état de conscience.

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Les questions sous-jacentes à notre contexte de vie actuelle sont alors « Avons-nous enfoui, voire oublié les sens que nous avions développé ? » ; « Quand est-t-il de l’instinct de survie chez l’homme moderne ? » ; « Les réactions de l’homme face à une situation de danger sont-elles les mêmes chez tous les individus ? » ; « Notre mode de vie influence-t-il la manifestation de nos instincts ? ». Il ne s’agit ici que d’un petit échantillon de questions parmi toutes celles qui sous-tendent ce sujet, et qui lorsque l’on y réfléchit, nous amène à revoir cette catégorisation Homme –Animal. Sommes-nous si différent en dehors du système de pensée ? N’y a-t-il pas encore une part d’animalité en nous ?

Le génome humain : aux sources de l’instinct

Les scientifiques s’accordent aujourd’hui sur le fait que l’homme, comme chaque être vivant, possède des savoirs acquis et des savoirs innés. Cette division des savoirs se retrouve au sein de chaque espèce.

En ethnologie, les savoirs acquis sont le résultat de l’expérience, de l’apprentissage individuel, des comportements intelligents, de raisonnement, et ce que nous appelons les réflexes conditionnés. Nous citerons par exemple la calligraphie ou plus simplement la marche.

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Quant aux savoirs innés, ils dépendent du patrimoine héréditaire de l’èspèce, les comportements inscrits dans les gènes, ce que nous appelons l’instinct. Par exemple, les mouvements migratoires chez les oiseaux sont des savoirs innés. Mais plus simplement, la notion de maternité n’est pas quelque chose d’appris chez les animaux. Tout le monde a déjà vu une chatte orpheline, s’occuper de ses petits naturellement à la perfection, sans même n’avoir jamais reçu d’enseignement pour cela.

Néanmoins une ambiguïté existe sur les savoirs innés. Il arrive régulièrement que la notion de comportement instinctif, auquel l’inné est associé, soit utilisée de manière abusive. La frontière entre l’inné et l’acquis est parfois ambigue.

Pour imager un peu ce propos j’utiliserais l’exemple d’une réponse d’un piéton face à une agression. Imaginons que par le plus grand des hasards, ce piéton est un pratiquant d’arts martiaux et qu’il met hors d’état de nuire son agresseur sans brutalité. Face à la situation d’urgence, le fait de rentrer dans un rapport d’opposition peu être assimilé à un réflexe. Il peut s’agir en effet d’un mécanisme de protection dicté par notre instinct. Mais dans ce cas de figure, il s’agit d’un réflexe conditionné. C’est le résultat d’un apprentissage, sinon nous n’aurions pas besoin d’aller dans un dojo. Le fait de répondre et maîtriser naturellement un agresseur avec maîtrise, n’est pas quelque chose d’inscrit dans nos gênes.

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Les comportements instinctifs sont donc des comportements innés, c’est à dire déterminés génétiquement. Ils ne nécessite donc pas d’apprentissage préalable. Pierre-Paul GRASSE, zoologiste français, définit ainsi les comportements instinctifs:

« L’instinct est la faculté innée d’accomplir, sans apprentissage préalable et en toute perfection, certains actes spécifiques sous certaines conditions du milieu extérieur et de l’état physiologique de l’individu ».

Pourtant dans un cas d’agression, nous ne pouvons nier la part de l’instinct dans nos réactions. Comme nous l’avons vu, il n’est pas possible de développer l’instinct à partir du moment où l’on considère qu’il s’agit de quelque chose d’inné sans apprentissage préalable.

Alors quelle est la place de l’instinct dans la réponse donnait par l’homme dans une situation de danger ? Existe-t-il différentes manifestations de l’instinct dans une situation de danger ? Et si oui, est-il possible, par apprentissage, d’amener à sensibiliser le corps à un type particulier de manifestation en fonction du danger ?

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2ème partie, L’instinct de survie: réaction comportementale face au danger

 

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5 réflexions sur “1ère partie, L’instinct de survie : Le génome, aux sources de nos instincts

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