1er Kishin Taïkaï: approfondir dans la joie

Le Kishinkaï Aïkido est une jeune école qu’il n’est plus besoin de présenter. Cette année a eu lieu le premier Kishin Taïkaï, grand rassemblement de l’école, à l’initiative de Léo Tamaki.

Kishintaikai-2014

De nombreux comptes rendus, de qualités, ont été publiés sur la toile. Je ne m’attarderai donc pas sur le contenu technique de la semaine, mais j’aborderai ce qui m’a particulièrement touché lors de ce séminaire.

Ouverture et partage

Alors que le monde martial tant à s’ouvrir avec l’arrivée du Mixed Martial Art, il est assez décevant de voir qu’aujourd’hui des pratiquants motivés par le goût de la découverte et de la recherche, se voient encore refusés l’accès à des stages d’experts.

Depuis tout jeune, j’ai suivi des enseignants qui m’ont poussé à ouvrir les portes de salles de Boxe, Judo, MMA, Jujitsu…. Je n’ai jamais vu Mochizuki Senseï, Hino Senseï, Kono Senseï, Tamaki Senseï refuser un pratiquant quel qu’il soit. Au contraire j’ai souvent été charmé par l’ouverture dont ils faisaient preuve, accueillant chaque participant à bras ouverts.

Moment de partage entre Mochizuki Senseï, André Nocquet et Tamura Senseï

Moment de partage entre Mochizuki Senseï, André Nocquet et Tamura Senseï

Bien plus que la pratique en elle-même, je crois qu’aujourd’hui l’âme des Budo, paradoxalement à l’étude martiale, s’inscrit dans le partage, l’échange et les rencontres. Osenseï disait « L’Aïki n’est pas l’art de la bataille avec l’ennemi ; ce n’est pas une technique de destruction de l’adversaire, c’est la voie de l’harmonisation du monde qui fait de l’humanité une seule maison. »

Pourtant de toutes les fédérations auxquelles j’ai été membre, je n’ai jamais vu autant de cloisonnement et de rejet des autres pratiquants qu’en aïkido, et j’espère me tromper au travers de cette pensée.

J’ai souvent entendu parler de famille dans le monde des arts martiaux. La grande famille du judo, du Karaté, du Yoseikan Budo mais personnellement je n’y vois que des chemins de recherche différents. Peu importe l’origine, l’âge, les années de pratique, le style, je pense que c’est dans les différences que l’on apprend. Au final ne serions-nous pas tous de la même famille?

Ueshiba Senseï

Ueshiba Senseï

 

Un même sommet pour de multiples voies d’ascension

L’an dernier j’ai suivi Léo au stage qu’il dispensait à Nantes. Ce fut un weekend que j’avais grandement apprécié, de par la disponibilité et l’esprit d’ouverture de chaque participant. Le samedi soir nous nous étions rendus au restaurant afin de manger avec l’ensemble des stagiaires.

En route pour le restaurant, Nantes 2012

En route pour le restaurant, Nantes 2012

Nous y avions rencontré un professeur de Karaté d’une soixantaine d’année. Je me souviens du dynamisme de ses mouvements lorsque son corps se laissait aller à quelques gestes animés par la passion. La flemme qui étincelait au travers de son discours traduisait un goût inébranlable pour la vie et les arts martiaux.

En le voyant bouger, j’étais loin de me douter que quelques mois auparavant, il avait été victime d’un accident, au cours duquel il avait perdu une grande partie de sa mobilité. Force de courage et de persévérance, il avait réussi à remettre les pieds sur le tatami et enseigner de nouveau.

Durant de la soirée, il nous apprit qu’il avait été un élève de Kase Senseï. D’anecdotes en anecdotes, il vint à nous parler de son maître et de l’enseignement qu’il avait reçu. C’est alors qu’il nous dit que pour Kase Senseï, «  il y a un sommet au cœur du Budo. En dessous de celui-ci plusieurs voies s’offrent à nous pour gravir cette montagne. Mais à l’intérieur de ces voies se trouvaient également plusieurs sentiers à explorer pour pouvoir avancer sur la voie. Au final, il y a une grande famille de pratiquant avec des chemins d’études divers, pour atteindre ensemble un même sommet »

J’avais été profondément touché par son discours car il traduisait une ouverture d’esprit et de cœur qu’il est de plus en plus rare de trouver. Et c’est le sentiment que m’a laissé le Kishin Taïkaï.

Kase Senseï

Kase Senseï

Kishinkaï Aïkido et Kishin Taïkaï

Cette semaine a été certainement l’une des plus éprouvantes de l’année pour ma part. Alternant entre mes heures de cours au collège, les heures de route pour me rendre sur les lieux du stage, j’ai terminé la semaine sur « les rotules ». Certainement le contre coup d’une année encore une fois bien chargées.

Il est agréable de revoir des visages connus, croisés régulièrement au détour d’un stage, mais encore plus de retrouver des personnes qui ont le sens du partage et ont le goût pour la découverte, la recherche, la remise en question. Presque une centaine de personnes  venues de toutes l’Europe, étaient présentes, dont des pratiquants de Karaté, Goshinkaï, Jujitsu.

Photo blog Sakura Dojo

Photo blog Sakura Dojo

Léo, Julien, Tanguy, Isseï se sont partagés les cours de la semaine et pour les curieux qui seraient tentés de découvrir le contenu, je vous conseille de lire l’excellent retour de Simon sur Aïki forum.

Alors que la plupart des fédérations prônent un cadre de transmission et écarte les experts qui sortent du moule, j’apprécie beaucoup l’état d’esprit des instructeurs. Que se soit Julien, Tanguy, Isseï ou Léo, on retrouve dans leurs enseignements un fil conducteur commun qui permet de s’adapter d’un cours à l’autre assez rapidement. Pourtant à l’intérieur de cette continuité, chacun alimente la pratique de l’école au travers de ses recherches personnelles, ce qui a rendu la semaine d’autant plus riche en enseignements.

 

Kishinkaï喜振会, le groupe qui approfondit dans la joie

Au-delà de la qualité des stagiaires et de l’enseignement reçu, ce séminaire est à mon sens au cœur de l’état d’esprit de l’enseignement proposé par Léo Tamaki. Un semaine de pratique où chaque stagiaire a contribué à l’instauration d’une ambiance studieuse, permettant à tous d’approfondir son travail, ses recherches dans le partage et la bonne humeur.

Un souvenir qui me rappelle la description du nom de l’école, faite par Léo sur son blog :

« J’ai choisi le nom de Kishinkaï 喜振会 pour désigner le groupe qui se rassemble derrière la pratique que je propose.

Le premier kanji, 喜, se prononce ki en on’yomi, et yorokobu en kun’yomi. Il signifie être joyeux, se réjouir. 喜 est aussi le second caractère du prénom de Tamura senseï, Nobuyoshi.

Le second kanji, 振, se prononce shin en on’yomi, et furu en kun’yomi. Il signifie agiter, prospérer. Mais shin a aussi le sens d’approfondir, fukameru, et c’est cette signification qui a présidée à son choix. 振 est aussi le premier caractère de l’école de Kuroda senseï, le Shinbukan.

Le dernier kanji, 会, se prononce kaï en on’yomi, et au en kun’yomi. Il signifie réunion, association.

Le Kishinkaï 喜振会 est ainsi le groupe qui approfondit dans la joie, et un hommage à deux de mes enseignants et des plus grands maîtres du Budo. »

Photo de Johann Vayriot

Photo de Johann Vayriot

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