Bernard l’ours polaire apprennant le kendo et anecdotes martiales de nos anciens…

Voici une vidéo hilarante issue des aventures de Bernard, l’Ours Polaire animé le plus connu de la toile. Une série de cours métrages humoristiques produite par le studio Coréen TG Studios où l’on peut voir évoluer ce personnage dont la curiosité le conduit généralement vers quelques malheurs liés à son imprudence et sa naïveté.

Anecdotes sur l’enseignement des anciens temps

Un de mes passages préférés est

la correction que le maître donne à l’élève pour ensuite lui prendre le Shinaï afin de lui remettre un balai…

Bien que cette vidéo reprenne l’image véhiculée par de nombreux films (le disciple faisant des tâches ménagères pour débuter l’apprentissage d’un art), elle me rappelle également quelques histoires que j’ai pu entendre au cours de divers stages.

La première remonte à une semaine. Lors d’un cours privé avec Ellis Amdur, il nous raconta les origines de son école, et nous montra le premier Kata qui est enseigné en Araki Ryu. Un kata à genou pour le moins surprenant qu’il nous confia avoir appris et répété à chaque cours durant 3 mois.

Tsuki

La deuxième fut lors de mon premier stage avec Kuroda Senseï, il nous enseigna le Suburi de base du Shinbukan, au sein duquel un grand nombre des principes de son travail se retrouvent. Après avoir passé 1h à répéter les Suburi, il vint nous voir pour nous corriger et nous expliqua qu’il valait mieux en faire 50 lentement, parfaitement, que 1000 fois mal exécutées. A cela il rajouta que dans le passé, les débutants répétaient les Suburi à chaque cours durant 3ans avant de pouvoir passer au travail des Kata. A l’issu de ce laps de temps ceux qui n’étaient pas capables de réaliser les Suburi correctement n’étaient plus acceptés au sein de l’école.

Photo de Frédérick Carnet

Photo de Frédérick Carnet

La troisième me rappelle l’enfance d’un ami. Aujourd’hui il est peintre et a suivi l’enseignement de son grand père, qui, dès son plus jeune âge lui demandait de faire le mélange des couleurs, d’installer la toile, de nettoyer l’établi. C’est à l’âge de 16 ans que son grand père lui offrit son premier pinceau et commença à le laisser s’exprimer librement. Une histoire sans doute similaire à nombres d’artistes tel que les cuisiniers commençant leur formation en faisant la plonge.

Étrangement cela me fait également penser aux différentes histoires que l’on peut lire dans l’interview d’anciens Ushi Deshi, passant plusieurs heures par jour à s’occuper de nettoyer et entretenir le dojo dans lequel ils s’entrainaient.

Entre vie de consommation et réalisation de sa voie

Au regard de ce type de formation, je me demande ce qu’il en serait aujourd’hui si les enseignants dispensaient encore ce type de formation (qui existe encore dans beaucoup de métiers artisanaux). Imaginons quelques instants commencer le métier d’informaticien en nettoyant le clavier, en démontant et remontant la centrale informatique, ou bien aller dans un club pour passer sa première année à nettoyer le gymnase, installer le matériel etc…

Enseignant en milieu scolaire, une chose me frappe énormément. C’est ce désir chez les jeunes populations d’avoir tout, tout de suite, au point d’abandonner, de se plaindre dans leur quotidien pour avoir dans l’immédiat ce qu’ils désirent. Malheureusement je ne suis pas certain que cela soit un phénomène qui touche seulement l’enfance. Notre monde de consommation est tel que l’on entend souvent les gens se plaindre de leur vie, de ne pas pouvoir avoir ce qu’ils désirent rapidement.

Je le fais certainement moi même, mais à chaque fois, j’ai l’image de ses enfants issus de pays défavorisés qui vivent dans la misère, dans des pays en guerres, sans avoir le droit à l’éducation, à l’hygiène de vie que nous pouvons avoir au quotidien.

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Enfant soldat

Nous avons tous connu, vu, ou avons même fait partie de ces personnes que l’on voit un jour arriver motivées pour apprendre un art comme la musique, la peinture, la sculpture, un Budo, et qui, quelques mois après arrêtent car pour certains le fait de se rendre compte que le chemin est long pour voir un petit bout d’évolution les découragent ou les désintéressent.

J’avoue avoir fait des choix similaires dans ma vie, car trop pressé d’arriver aux résultats. Au final, je regarde ces choix derrière moi avec quelques remords. Ce n’est pas que ma vie ne me conviennent pas. Mais le fait de persévérer aujourd’hui dans un domaine, avec les bienfaits que cela apporte, ne peut que me laisser penser que je suis certainement passé à côté de certaines choses.

Si les Budo m’ont appris quelque chose, c’est que le temps ne se gagne pas. Il coule. Vivre l’instant présent est donc pour moi une clé de la réalisation de soi. Mais pas dans le sens « faire ce qui nous passe par la tête », mais plutôt dans le sens « vivre chaque chose que l’on entreprend au plus profond de soi, avec le maximum d’intensité chaque seconde ». Car ce que nous entreprenons aujourd’hui fera de nous ce que nous seront demain…

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