Yoseikan Kenpo et retour aux sources

Retour aux sources

Le vendredi 26 octobre dernier marquait le début des vacances scolaires. L’occasion pour moi de redescendre dans ma région pour participer à un stage de Kempo, au sein de mon club d’origine. Un stage au cours duquel j’ai pu retrouver des pratiquants qui m’ont connu depuis mes débuts et voir de nouveaux visages.

Un stage rythmé par l’étude de Yōseikan Juppō (Sude Ju No Kata) puis l’exécution de toutes les techniques de base, de Tsuki à Ula Mawashi Geri en passant par Hiza Geri… durant 45min.

Le stage s’est poursuivi par un travail de Kihon Waza (percussion sur cible), où la recherche d’enchainement poing/pied est alliée à une recherche sur l’utilisation du corps la plus efficiente possible.

Un bon exercice permettant de travailler des enchainements tout en recherchant la transmission de puissance. Le tout, bien évidemment, est de rechercher à utiliser le moins d’efforts possibles et conserver une bonne structure corporelle durant le déplacement.

L’intérêt d’un tel travail est de pratiquer en étant honnête avec soi même, sans chercher à s’économiser. Lorsque que le corps se fatigue, il devient difficile de pratiquer avec « puissance », difficile d’user de la force musculaire pour pouvoir générer et transmettre la puissance dans les Pao. Les muscles se fatiguent, le souffle s’accélère…

Dans ces moments, on a tendance à réduire l’effort, à vouloir se reposer. Cette réaction est évidemment naturelle, puisque lors d’une activité intensive, le corps envoie des signaux afin de ralentir l’activité et récupérer.

Exemple de Kihon Waza:

 

Pratique et fatigue musculaire

Dans le milieu de la compétition, certaines phases de la préparation pré-compétitive sont destinées à  pousser les pratiquants au bout d’eux même, de puiser dans leurs ressources pour pouvoir continuer l’activité.

L’intérêt est de pouvoir repousser le corps dans ses limites et travailler sur les capacités d’endurance, de renforcement du corps, de résistance… Néanmoins, le corps trouve des réponses à la fatigue et chez certains sportifs de hauts niveaux le corps adopte une attitude d’économie de mouvement afin de pouvoir pratiquer dans la durée.

Dans le cadre des budos, qui  ne sont pas pour moi un Kakutogi, il semble intéressant, plutôt que de travailler sur l’aspect filière énergétique, de profiter de la fatigue corporelle pour pouvoir chercher à travailler différemment afin de conserver le maximum d’efficacité à moindre effort.

On entend souvent les maîtres d’arts martiaux nous dire qu’avec l’âge on devient plus efficace, mais paradoxalement le corps se dégrade progressivement.  C’est d’ailleurs une des choses que Hino Senseï avait mentionnées lors de son dernier stage à Paris.

 

Le Yoseikan Kenpo

Le stage s’est clôturé par 30 min de combats avec utilisation libre d’Utchi Waza (technique de poings), Keli Waza(technique de jambe), Nage Waza (projection) , Kansetsu Waza (techniques sollicitant les articulations), Osae Waza (techniques d’immobilisations) et Shime Waza (technique d’étranglement).

Le Yoseikan Kenpo est une partie de la discipline qui permet l’étude des Atemi (toutes formes de percussions), mais également de leur continuité en projection. Il permet de travailler la puissance, le timing, la stratégie dans un but de recherche d’efficacité dans le combat à mains nues.

On y travaille notamment l’acquisition de l’onde lors de la réalisation des techniques de frappes issues des recherches approfondies de  Hiroo Mochizuki Senseï en karate (Shotokan et Wado Ryu), en Boxe Française, en Boxe Anglaise et en Boxe chinoise.

Hiroo Mochizuki Senseï

Il existe deux possibilités d’affrontement : le Kyoheï Randori et le combat de compétition

Le  Kyoheï Rendori (Combat d’entraide) est une forme de combat qui repose sur l’entraide mutuelle. Les pratiquants combattent de façon fluide et laissent certaines opportunités à l’autre, ce qui est une façon de lui poser une question. Sa réponse – sous forme de blocage, contre-attaque, clé ou projection – est à son tour une question. Cette forme de randori est celle développée par Jigoro Kano Senseï en judo, « entraide mutuelle ».

Si les pratiquants veulent approcher de plus près le combat réel, ils peuvent alors s’engager dans le combat de compétition. Il s’agit ici de chercher à gagner le combat.

 

Intérêt du Kempo dans la pratique ?

La question de l’utilité de cette forme de travail dans les budos est bien évidemment discutable. Et je ne pense pas que le combat, avec recherche d’un gain, est une utilité réelle pour devenir efficace. Le piège étant de tomber dans un jeu codifier bien éloigné de la réalité.

Néanmoins, il me semble que celui-ci permet d’étudier certains principes et  de sortir du cadre formalisé d’un travail technique. Ainsi, l’incertitude est plus grande et notre partenaire n’est plus un pratiquant qui a une attaque définie mais un pratiquant qui cherche également la même chose que vous. La notion de Tori et Uke s’efface pour laisser place à deux partenaires qui s’affrontent librement.

La première chose qui me poussa à venir pratiquer au dojo fut mon goût pour l’affrontement et le combat. J’avoue y prendre toujours un certain plaisir, même si la finalité de ma recherche a beaucoup évoluée.

Au départ, d’une simple situation pour se tester et flatter son ego, elle est devenue avec le temps un moyen d’échange avec partenaire. Une façon de me situer dans ma pratique, un pilier de mon travail permettant de tester mes recherches.

Bien qu’éloigné d’une situation de survie, je pense qu’il est intéressant de s’y essayer de temps en temps, pour remettre les pendules à l’heure, en gardant à l’idée que les Kakutogi et les Budos n’ont pas la même finalité.

Pratiquer le combat pour gagner ou se défouler est sans grand intérêt et conduit  à une impasse à mon sens. Si les partenaires sont dans un optique de progression et de recherche, ce travail peut alors devenir très intéressant.

Il permet d’approfondir la notion du Maaï (distance), de Yoshi (rythme) et Yomi (art de prévoir ou deviner ce que va faire votre adversaire). Ces trois éléments sont des points importants du combat qui dominent l’aspect technique.

Un bon technicien peut facilement se faire dominer par un bon stratège maîtrisant ces différentes notions…

 

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