Confession d’un pratiquant: entre passion et voie?

Une saison se termine, alors qu’une nouvelle montre le bout de son nez. Une année de pratique qui se termine par deux blessures. Surement l’écho d’un surmenage, et d’une non écoute de mon corps.

Paradoxal me direz-vous pour quelqu’un qui enseigne les activités physiques et sportives… Je n’ai pas vraiment d’explication à cela mis à part, peut être, une hyper activité débordante et, une passion sans fin pour la vie et ce qu’elle m’offre.

Je vous propose une petite réflexion qui trouve sa source dans ma période d’inactivité, le temps de me remettre de mes blessures. En effet, passer d’un entrainement quotidien à deux semaines sans pouvoir pratiquer, comme bon vous semble, est assez perturbant. Mais cette pensée trouve également sa source, dans une question que l’on m’a encore posé, pas plus tard que samedi soir: « pourquoi pratiquez-vous les arts martiaux? à quoi vous sert la violence? »

Entre passion égoïste et passion rationnelle ?

Comme chez beaucoup de passionnés, la pratique occupe et organise une partie de mon mode de vie. Tout naturellement, j’ai toujours mis une partie de ma vie de côté pour pouvoir pratiquer et progresser davantage.

Alternant entre entrainements, stages et sports de montagne, cette année marque certainement, l’apogée des heures de pratique et de mise en parenthèse de ma vie sociale.

Toujours plus, toujours plus loin, les heures de fatigue s’accumulant, on en arrive souvent à un état où, l’habitude du travail quotidien, nous plonge dans un état de déprime les jours où l’on ne peut pas pratiquer, ou monter sur le tatami. Un engrenage où l’on se surprend parfois à refuser de sortir tant que l’on n’a pas fait notre séance de travail journalier.

A vrai dire, je ne crois pas avoir trouvé d’autres lieux où je me sente aussi bien que sur un tatami ou en nature.

Parce que vivre c’est s’élever

Une pratique qui devient une drogue, procurant à la fois questionnements, introspections, doutes mais surtout une pratique qui apporte joies, désires, buts, sens.

Une passion qui devient moteur d’un bien être personnel, moteur d’une vie d’épanouissement. En quelques sortes, une pratique égoïste où les proches, notre entourage ont peu de place, car bien souvent, les gens ne vivent pas leurs passions et leurs rêves, laissant place à l’incompréhension. Une voie solitaire où nous sommes souvent seul face à nous même.

Néanmoins, même si à première vue, ce mode de vie peu paraître égoïste et sans intérêts autres que personnel, j’ai l’infime conviction qu’elle ne l’est pas autant qu’il n’y paraît.

Vivre c’est choisir une voie…

La pratique, les rencontres ont bouleversé ma vision du monde, mon rapport à mon entourage. Le partage est au cœur de la pratique de celui qui cherche à progresser.

L’ouverture aux autres est une qualité indéniable de la progression. L’envie d’apprendre de ses Sempaï, d’éclairer le chemin aux débutants, sont un tout qui caractérise aussi la pratique et les motivations des grands adeptes.


Parce que vivre c’est partager

A mon sens, la pratique des Budo tend à nous faire grandir humainement, au travers de techniques d’éducation corporelle, qui trouve leurs origines dans les arts martiaux.

J’ai longtemps cru et pensé, que les personnes qui pratiquaient pour le plaisir et non pour le combat, n’avaient pas lieu de venir pratiquer dans un dojo. J’en avais discuté avec un de mes professeurs, qui m’a dit un jour, entre deux rames de métro :

« Les gens sont libre de pratiquer comme ils le souhaitent. Nous avons tous des motivations, des buts différents, et on ne peut pas choisir pour eux le pourquoi de leurs pratiques. On doit apprendre des uns et des autres en respectant le choix de chacun »

Je n’avais pas compris l’importance de ses paroles, mais aujourd’hui elles me font écho, en me disant que le sens de la pratique des Budo, aujourd’hui, ne serait-elle pas de rendre les gens meilleurs et apporter à notre petit niveaux un peu de bon dans ce monde ?

Je ne suis pas en train de remettre en question le travail et la recherche d’efficacité des pratiquants, qui sont également les moteurs de ma pratique.

Mais bien plus qu’une passion, je dirais que c’est une voie que l’on choisit d’emprunter pour pouvoir s’élever.

Certains y verront une passion égoïste au détriment du monde. Pourtant, chaque personne emprunte, bel et bien, des chemins qui là conduiront jusqu’à la dernière étape de sa vie. Ces chemins constituent en quelques sortes une voie, mais encore faut-il pouvoir choisir sa voie et lui donner un sens.

Une liberté, qu’il nous est encore donnée, est de pouvoir choisir le but et le sens de notre vie 😉

Parce que vivre c’est choisir d’emprunter un chemin, une voie…

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6 réflexions sur “Confession d’un pratiquant: entre passion et voie?

  1. Ta réflexion est juste je pratique moi même et j’ai aussi connu le temps ou blessures nous laisse sans pouvoir monter sur le tatamis et partager la pratique mais force est aussi de se dire qu il faut un temps pouvoir accepter le cour des choses et laisser le temps au corps de se refaire. le Budo est une voie ou il n’y a pour ma part pas de place à la demi mesure mais restons serein et si notre esprit reste claire dans le sens que l’on donne à sa pratique et la recherche que nous avons temps personnellement qu’à travers le don des autres alors la voie sera mieux éclairer pour pénétrer le monde du Bushido et à travers cela nous élever en acceptant les choses au mieux pour que le geste soit juste tout comme la parole. Merci pour ton témoignage. Younoos

    • Il est vrai que le corps a parfois besoin de temps pour récupérer, on a souvent tendance à le négliger et oublier qu’on y habite jusqu’à notre dernier souffle.
      Les Budo ont ce don de renouer l’homme avec leurs corps, leurs envies, leurs voies personnelles mais également le monde qui les entourent.

      Merci pour ton message,

      Alex

  2. Pingback: Alexandre Grzegorczyk, « la máquina , par Miguel Silva | «Budo Musha Shugyo

  3. Pingback: Confessions d’un pratiquant: les tatamis, la nature, découvrir nos limites… mon univers, ma voie | Budo Musha Shugyo

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