Shochu geïko

Paris: cité d’or du pratiquant d’arts martiaux

Le mois d’août débute alors que la première partie de mes vacances se termine. Depuis quelques années j’avais pris l’habitude de m’entrainer, tout les matins d’été, afin d’approfondir le travail abordé au cours de l’année. Mais également profiter de cette période pour repousser les limites de mon corps au travers d’entrainements physiques sous le soleil d’été.

Cette année marque un tournant dans ma pratique. J’ai quitté ma province pour venir m’entrainer dans la région parisienne, décidant par la même occasion de découvrir de nouvelles disciplines. J’ai donc commencé l’année en m’inscrivant au Kishinkan Dojo. Habitant le Val d’Oise je faisais mes 3 heures de transport les lundis, mercredis, jeudis et quelques samedis pour aller m’entrainer dans Paris. Mon mardi et vendredi étant réservés à mon entrainement personnel et la rencontre d’autres disciplines (MMA, Judo, Kick Boxing).

Valencia

 

Passer d’une région provinciale, où la nature rythme nos vies, à une ville où le béton, les transports et la masse populaire sont le moteur d’une vie à haute intensité, n’est pas chose facile!

Mais ce fut l’occasion de découvrir de nouveaux horizons et surtout de nouveaux pratiquants. L’ensemble de mes rencontres, au dojo où lors de stage, m’ont permis d’apprendre beaucoup sur ma pratique, me permettant d’avancer sur le chemin que j’ai choisi.

 

Shodan (Photo Shizuka Sasa-Tamaki)

Valencia, Salon de Provence… :p

Pour débuter le Shochu Geïko de cette année, j’ai pris la décision de participer au stage de Léo Tamaki et Brahim Si Guesmi durant une semaine, puis au stage de Kuroda Senseï, qui eurent lieu sous le soleil Valencien.

J’ai apprécié retrouver une continuité entre le travail de Léo Tamaki et Kuroda Senseï. La recherche d’un mouvement direct et court, épuré, efficace, mais également celle d’un travail sans utilisation de « force musculaire », où le travail entre Tori et Uke n’est plus une opposition mais un dialogue pour progresser ensemble. Tous ces éléments sont autant de qualités que j’apprécie aujourd’hui dans la pratique.

 

Léo Tamaki

Dans la continuité de la première semaine, le stage avec Kuroda Senseï fut, encore une fois, exceptionnel. Alternant chaque jour entre Asobi Geïko (exercices éducatifs) et Kata, maître Kuroda fut à l’écoute de tous, faisant ressentir à chacun sa façon de se mouvoir.

D’une rapidité foudroyante et d’une efficacité hors pair, ses mouvements sont à la fois doux et imperceptibles. Lorsqu’on le voit bouger, il est généralement trop tard, se rendant compte qu’il nous a coupé plusieurs fois avant d’avoir pu percevoir le mouvement. Son travail sur l’utilisation du corps est une réelle remise en question de notre façon de bouger dans notre pratique.

A l’heure où la plupart des disciplines de combat ont choisi une orientation sportive, où la performance dépend des qualités physiques et sportives, le travail proposé au sein de cette école est bien différent et tout autant efficace (voire plus !)…

Je garde en souvenir, la désagréable sensation que l’on ressent, au niveau du bas ventre face à Kuroda Senseï, lorsque l’on se rend compte que dans une situation de survie, tout serait déjà fini…

Kuroda Senseï

 

A peine revenu en France, après quelques aléas à l’aéroport pour cause de perte de mes pièces d’identité, je pris mon vol direction la France. Dès le lendemain, je repartais participer au stage de la famille Mochizuki à Salon de Provence.

Ce fut l’occasion pour moi de revoir certaines bases du Yoseikan Budo, de pratiquer le Jo/Bo, Poings/pieds, Tanbo/ Ni Tanbo, mais également d’approfondir mon travail en l’enrichissant au travers des concepts mis en place par Hiroo Mochizuki Senseï.

 

Mochizuki Senseï

En résumé, trois semaines de pratique intensive au rythme de 3 écoles différents en apparence, mais qui n’en restent pas moins complémentaire à mon sens. Trois semaines de travail, de remise en question, de découvertes qui trouveront écho dans ma pratique.

 

Trois semaines de stage se terminent et pourtant…

Si l’entrainement personnel est un processus inévitable de progression du pratiquant, les stages sont l’occasion de recevoir l’état des recherches de différents Senseï. Mais aussi de se plonger dans la pratique durant plusieurs jours, permettant alors d’échanger avec des adeptes de tous horizons, de peaufiner, ressentir de nouvelles sensations qui ne seraient peut être pas apparues aussi rapidement lors d’un entrainement solitaire ou ordinaire.

 

Sète à proximité de Salon de Provence

Je n’aime pas vraiment dire que quelque chose se termine, même si cela fait parti d’un vocabulaire courant. J’ai souvent l’impression que lorsque le stage prend fin, beaucoup de pratiquant rentrent chez eux en pensant qu’il s’agit « d’une fin », reprenant leurs activités sans repenser réellement aux stages. Comme si l’on rangeait ces instants dans un tiroir à souvenir.

Même si le stage commence et se termine à un instant T, ce n’est pas véritablement une fin dans notre processus de progression. Peut être que ce moment est finalement un commencement, le départ d’une évolution dans notre pratique.

Que l’on ait apprécié un stage ou pas, il semble inévitable que celui-ci soulève des questions en nous, ce qui aura certainement des conséquences dans notre pratique future. Consciemment ou pas, les stages renforceront peut être l’orientation de nos recherches, notre façon de pratiquer et remettra peut être en question notre travail. Est-ce vraiment une fin ?

Continuité, commencement, où les deux, à vous de choisir 😉

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2 réflexions sur “Shochu geïko

  1. Pingback: Kuroda Tetzuzan et la constance des mouvements | Budo Musha Shugyo

  2. Pingback: Shochu geïko | budo | Scoop.it

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